DÉMARCHE ARTISTIQUE

Une pratique transdisciplinaire de la poésie :
L’esthétique érotico-mystique ou L’Ero(s)tisme de la Bouche poétique


J’explore la poésie dans son élasticité polymorphique depuis 2003. Le poème-partition est le support de mes performances poétiques qui allient écriture, installation sonore (musique/bruits) et visuelle (vidéo/photographie). Le poème-partition est l’expression d’une possible transdisciplinarité artistique. Il est élaboration des sèmes linguistiques et sonores en représentation plastique. Au-delà de la page, le poème devient l’évènement performatif. Graphie hybride entre écriture linguistique et musicale, l’image du poème-partition est tableau du sonore. Ma pratique transdisciplinaire du poème-partition peut s’identifier comme une manifestation du corps féminin en performance d’écriture ou de scène.

’Lesthétique érotico-mystique dynamise ma pratique transdisciplinaire de la poésie. Prenant ses racines dans l’Éros mythologique, je conçois cette esthétique comme le fondement de ma pratique artistique. Dans le paganisme hellénique, Éros est originellement appelé Dieu Amour. Il est l’alliance d’un désir spirituel (fusion) et organique (fertilité). Il assume la dualité unifiée de la matière (érotique) et du spirituel (mystique). Le mythe théogonique, visant à l’explication du monde, place Éros comme le moteur de l’Etre, de l’être en création. Le mysticisme contemporain est la possibilité d’un au-delà laïc, il est également l’ascétisme de ma pratique artistique ; la discipline du corps dans la genèse de son expressivité. Je suis fascinée par la tension entre le corps dans sa matérialité organique et l’expression de son caractère divin. Le désir de la chair sublimée, ode provocatrice à la mort, inspirée par les Dieux meut ma pratique artistique. Ainsi, l’esthétique de l’érotico-mysticisme recherche la réconciliation des antinomies, la tension de la crase et le grincement de l’oxymore.

De philosophie Néo-Féministe, je replace le corps de la femme dans le cadre de sa spiritualité en recherchant la sexuation des genres. L’érotisme venant d’Éros, le Dieu de la fusion était asexué. Rechercher une écriture-femme serait la possible intrusion du genre dans la langue. Je cherche à ébranler la grammaire phallocratique et à mettre feu à la syntaxe écrite en privilégiant la déconstruction de la parataxe, l’apposition explosive musicale ; je suis en quête d’une écriture du tactile, de la simultanéité. Ce style est difficilement envisageable par une discursivité traditionnelle, il ne peut que s’entendre dans le silence de l’émotion, dans l’oralité pulsatile du silence poétique.